EL PRIMERO HISTOIRE
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L’HISTOIRE du EL PRIMERO de ZENITH.
(ZEN ®)

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C’est au Locle rue des Billodes, à deux pas des lieux où s’exila en 1795 Abraham Louis BREGUET chassé de France après la révolution qu’est installé ZENITH depuis 1865, là où Georges Favre-Jacot le créateur de la manufacture décida d’installer ce qui allait devenir l’un des fiefs de la haute horlogerie du 21 ème siècle.

Le premier, c’est son nom de baptême et son nom de code : 3019 PHC. Il fut aussi appelé "Datron HS 360". Le El Primero calibre fétiche de la marque a nécessité cinq ans d’études techniques mais sa gestation fut beaucoup plus longue.

C’est en 1962 que ZENITH commença à bâtir le cahier des charges de son nouveau chronographe qui devait initialement voir le jour pour le centenaire de la marque.


Tandis que les concurrents de ZENITH tentaient de fusionner dans une conception modulaire un calibre de chronographe en y adjoignant un mécanisme de remontage automatique les ingénieurs de ZENITH optaient pour un concept de chronographe intégré de conception classique comprenant un mécanisme de roue à colonne et un rotor central monté sur roulement à billes.


Le résultat devait déboucher sur un calibre plus plat que ses concurrents et de fait il fallut attendre la fin des années 80 pour que Frédéric Piguet développe son calibre 1185 et réussisse à produire un calibre moins épais.

L’histoire du El Primero s’accéléra vers 1967 quand la rumeur enfla d’un projet concurrent conduit par Breitling, Hamilton-Büren et Heuer. Sans pouvoir le dater précisément, il est probable que l’objectif d’un calibre fonctionnant à 36 000 alternances n’était pas dans le cahier des charges initial et que c’est en cours de développement que les ingénieurs de ZENITH pour certains, venus d’autres maisons qui avaient renoncé à cette technologie, ont importé cette idée chez ZENITH.

En effet, il circule plusieurs thèses. Si ZENITH avait bien acquis le savoir faire de Martel Watch en matière de chronographes après avoir absorbé cette manufacture, ses ingénieurs n’avaient pas de réelle expérience dans la technologie de la haute fréquence et donc des 36 000 alternances.


Plusieurs firmes avaient engagé des essais et des recherches pour trouver la meilleure adéquation entre le diamètre d'un calibre et le nombre le plus élevés possible d'alternances (la plus haute fréquence).


La conclusion fut que le choix de la haute fréquence induisait de grands diamètres peu compatibles avec des montres bracelets mais davantage avec des compteurs de sport.

Beaucoup abandonnèrent pour rester à 28 800 alternances.

Les ingénieurs de ZENITH furent parait-il séduits très vite par ce projet qui à l'origine, butait sur ces fréquences élevées imaginées pour contrebalancer la concurrence sous-estimée du quartz.

ZENITH avait nombre d'atouts pour réussir ce nouveau pari.

Après avoir racheté MARTEL Watch C°, ZENITH avait renforcé son outil de production et disposait de personnels qualifiés et surtout de concepts géniaux de chronographes technologiquement performants mais souffrant d’un handicape pressenti comme de nature à limiter la vision prospective de ZENITH : l’absence d’automatisme.


Si la manufacture développait avec succès plusieurs calibres automatiques depuis les années 30, en revanche aucun chronographe ne bénéficiait de cette caractéristique inexistante sur le marché.


Les calibres chronos 146 et 156 (14 et 15 lignes) sortaient des unités de production de MARTEL WATCH, le 136 d’EXCELSIOR PARK.
Il était essentiel pour ZENITH d’aller vite et de prendre de vitesse ses concurrents en proposant le premier chrono automatique intégré.

La marque voulait d’autant plus du remontage automatique dans son nouveau calibre qu’il lui semblait être une condition de survie face à l’arrivée des technologie dites à quartz qui allaient offrir des caractéristiques de durée d’utilisation sans avoir à se préoccuper du remontage et que ce serait avec la haute précision, l’un des argumentaires développé par les publicitaires pour faire prévaloir l’intérêt du quartz sur le mécanique.


Les 36 000 alternances du El Primero et sa conception intégrée en automatique allait pensait-on, permettre à ZENITH de tenir tête à cette nouvelle concurrence.

C'est donc sur les bases du cahier des charges esquissé trois ans plus tôt, qu’une équipe de haut niveau se met à la tâche dés 1965 et sera renforcée en cours de route pour sortir ce El Primero qui n'aurait peut-être jamais vu le jour sans la conviction de ZENITH de tenir la meilleure idée et le défi technologique de la marque étoilée.

Ce calibre est l'un des derniers grands paris horloger et ceci reste vrai encore aujourd'hui même si d'autres ont tenté de grandes aventures.


Le El Primero n'est rien de moins que le «premier calibre chronographe à remontage automatique par masse oscillante pivotant sur un roulement à billes placé en position centrale», explique la marque Locloise.


Les innovations apportées par ZENITH avec le EL Primero sont nombreuses. Le choix de conserver le principe de la roue à colonnes alors que la plupart des marques dès les années 50 remplaçaient ce système par une commande du mécanisme à came et levier plus simple et surtout moins coûteuse n’est pas neutre dans l’intérêt que l’on peut porter à ce calibre.


La roue transforme les pressions exercées sur les poussoirs en « ordres mécaniques » pour démarrer la fonction chronographique, l’arrêter ou procéder à la remise à zéro.

En raison de la très haute fréquence du calibre et des forces centrifuges exceptionnelles qui en découlent, la lubrification classique des pièces fut impossible. Les ingénieurs de ZENITH durent là aussi faire preuve de talent en mettant au point un système spécial de lubrification à sec assurant une haute stabilité.

Il fallut encore innover pour donner au calibre plus de 50 heures de réserve de marche malgré un espace disponible limité pour le barillet et 36 000 alternances grandes consommatrices d’énergie.

Le nouveau calibre 3019 PHC "EL PRIMERO" est présenté à la presse par ZENITH, le 10 janvier 1969 tandis que le projet concurrent attendra le 3 mars.

Dans sa version d'origine, il est à la fois proche et éloigné du El Primero d’aujourd’hui. Proche par la conception et éloigné par les techniques de fabrication.
Le calibre dessiné à l'époque, à la main sur les tables à dessin est aujourd’hui fabriqué par des machines de haute technologie à commandes numériques.


L’histoire du El Primero qui s’était interrompue dans les années quartz a failli selon la légende s’achever à la fin des années 70 et ce serait grâce à un horloger de ZENITH, désobéissant aux ordres des propriétaires Américains de l'époque, en dissimulant dans les greniers des vastes locaux de la manufacture, les machines à étamper et les étampes du El Primero que la fabrication de celui-ci aurait pu être relancée.

Si cette histoire trouve probablement quelques fondements, elle ne suffit pas à expliquer la résistance de ce calibre d'exception à l'épreuve des avancées technologiques sur lesquelles il avait dès sa création, pris une incroyable avance.

Le El Primero a ainsi pu avoir une seconde chance quand après ROLEX s’est intéressé au El Primero à la fin des années 80 et a assuré à ZENITH un carnet de commandes qui justifiait d'en relancer la fabrication.

Si ZENITH a par ailleurs diffusé quelques exemplaires de ses calibres à quelques marques renommées, c'est indéniablemnt la marque couronnée qui fut le moteur de la relance.

ROLEX a souhaité apporter des modifications à ce calibre de haute technologie pour l’adapter au cahier des charges de son modèle DAYTONA mais ZENITH s’est inscrit dans la continuité du défi lancé en 1962 et a perfectionné son calibre mythique en le faisant bénéficier des nouvelles technologies de production et de développement.

LVMH qui en effet, a acquis la marque dans son pôle horloger en 1999 notamment aux cotés de Tag Heuer s’est engagé dans le pari industriel audacieux de relancer ZENITH dont l’image vieillissante ne mettait pas en valeur la qualité des montres de la marque.


ZENITH possédait le savoir faire horloger mais rencontrait des difficultés à le faire savoir. Il fallait en outre investir dans l’outil de production sinon négligé par les précédents propriétaires au moins insuffisamment développé depuis une génération face à une concurrence de plus en plus rude.

Conscient d’avoir acquis un joyau de l’horlogerie, LVMH a demandé à Thierry Nataf de relever le double défi d’une part, de dépoussiérer l’image de ZENITH et de repositionner la marque et d’autre part, de mettre en valeur son savoir faire en reprenant le cours de l’histoire des développements des mouvements "maison".


Tourbillons, modèles Open, réserve de marche, grande date, rattrapante sont les complications qui sont venues transformer, compléter et parfaire ce mouvement d’exception et dont nul n’aurait il y a encore 5 ans, imaginé qu’elles verraient le jour sur un calibre à haute fréquence. Pas même les horlogers de ZENITH n’auraient pu anticiper que la marque aurait les moyens de se lancer dans de tels paris financiers et techniques et plus rien ne semble capable de l’arrêter dès lors que l’imagination est sans limites.

Le El Primero est aujourd’hui sur le devant de la scène dont il domine la famille des chronographes.

Avec ses 30 mm de diamètre pour 6,5 mm d’épaisseur et seulement 7,55 mm pour la version avec triple quantième à saut instantané, ce mouvement à roue à colonne et marteaux de remise à zéro classique est l’un des plus performant du marché.
Il ne comprend pas moins de 354 pièces dont 277 différentes dans la version la plus compliquée, possède 41 vis et 31 rubis, et nécessite plus de 50 points de lubrification.

Le calibre nécessite neuf mois de travail en temps cumulé, demande de 5 à 50 opérations par pièce, impose 50 fraisages de différentes dimensions du côté des ponts. Vingt horlogers sont mis à contribution pour un mouvement et pas moins de 18 métaux sont employés.


C'est en tous les cas ainsi que Zénith présente son prestigieux calibre de chrono qui reste le seul mouvement capable de mesurer des temps courts au dixième de seconde. Sa version « rattrapante » est sa dernière grande évolution en date mais certainement pas la dernière de son histoire qui semble avoir de beaux jours devant elle dans une maison qui a su rester une « vraie » manufacture.

(Novembre 2004 - Images : Source ZENITH)

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15 03 2005